Le branchement d’un interrupteur poussoir ne se câble pas comme un interrupteur simple allumage, et la norme NF C 15-100 dans sa version publiée en août 2024 – devenue la référence applicable depuis août 2025 après la période de recouvrement – pose un cadre précis sur l’installation, sans pour autant dicter un schéma de raccordement universel pour chaque bouton. Voici ce que la norme impose réellement, et ce qu’elle laisse à l’appréciation du fabricant ou de l’installateur.
Ce que la NF C 15-100 impose au circuit d’éclairage avec poussoir
Un poussoir commande généralement la bobine d’un télérupteur, et c’est le circuit d’éclairage en lui-même qui est encadré par la norme. Sur ce point, les exigences sont claires : les conducteurs du circuit doivent présenter une section minimale de 1,5 mm², et le disjoncteur de protection ne doit pas dépasser un calibre de 16 A.
Ces deux contraintes concernent le circuit, pas le schéma interne du poussoir. Autrement dit, la norme ne prescrit pas la façon dont les bornes du bouton sont connectées au télérupteur : c’est le schéma du fabricant qui fait foi, notamment pour identifier les bornes A1 et A2 de la bobine.
La hauteur de pose est, elle, explicitement encadrée. Un interrupteur ou un poussoir doit être installé à une hauteur comprise entre 90 cm et 130 cm du sol fini. Dans les espaces accessibles aux personnes à mobilité réduite, cette hauteur peut descendre jusqu’à 40 cm.
Branchement en parallèle des poussoirs : la règle de montage courante
Dans une installation avec télérupteur, plusieurs poussoirs commandent la même bobine. Les poussoirs se câblent en parallèle entre eux, et l’ensemble est raccordé sur les bornes de commande du télérupteur. Chaque appui ferme momentanément le circuit de la bobine, ce qui bascule l’état du télérupteur (ouvert ou fermé).
Ce montage est fonctionnel quel que soit le nombre de points de commande, à condition que le câblage respecte le schéma préconisé par le fabricant du télérupteur. La norme ne fixe pas de nombre maximal de poussoirs par circuit : c’est une contrainte matérielle, pas réglementaire.

Neutre au poussoir : obligatoire ou non selon la norme NF C 15-100 ?
C’est un point qui génère des erreurs sur chantier. Un poussoir standard ne nécessite pas de neutre à son emplacement. Le bouton s’intègre simplement dans la boucle de commande de la bobine, sans alimentation propre.
La situation change avec certains modèles équipés d’un voyant lumineux ou d’une fonction de localisation. Dans ce cas, le mécanisme consomme un faible courant en continu, et la présence du neutre peut être requise. La notice du modèle précise cette exigence : c’est elle qui prime, pas une règle générale de la norme.
Un point d’attention supplémentaire : le courant cumulé des voyants de plusieurs poussoirs lumineux raccordés en parallèle peut perturber le fonctionnement de la bobine du télérupteur. Le nombre de poussoirs avec voyant à ne pas dépasser dépend des caractéristiques du télérupteur utilisé – à vérifier dans sa documentation technique.
La restructuration de la norme en 2026 : ce qui change concrètement
Jusqu’en 2024, la NF C 15-100 était un document unique. Elle est désormais restructurée en une série de 21 normes distinctes (NF C 15-100-X), chacune couvrant un domaine spécifique. Cette organisation permet de mettre à jour chaque partie indépendamment, sans réécrire l’ensemble du texte.
Pour un chantier démarré après août 2025, c’est cette nouvelle série qui s’applique. Les chantiers engagés pendant la période de recouvrement (entre août 2024 et août 2025) pouvaient encore se référer à l’édition 2002 et ses amendements.
- Parties générales déterminantes : elles définissent les règles communes à tous les types d’installations, dont les sections de conducteurs, les calibres de protection et les hauteurs de pose.
- Parties spécifiques complémentaires : elles s’appliquent selon le type de chantier (logement neuf, rénovation, locaux spécifiques). On ne consulte que celles qui correspondent au projet en cours.
- Fiches d’interprétation F11 à F27 : elles ne sont plus en vigueur depuis août 2025. Les questions d’interprétation doivent désormais être traitées à partir du texte des nouvelles parties.
Pour le branchement d’un interrupteur poussoir dans un logement, les parties générales suffisent dans la majorité des cas. Les parties spécifiques entrent en jeu si le logement intègre des équipements domotiques ou des circuits de commande plus complexes.
Points de vérification avant la mise sous tension
Quelle que soit la configuration retenue, plusieurs vérifications s’imposent avant de remettre le circuit sous tension. La norme impose que le circuit soit hors tension lors de toute intervention : déclencher le disjoncteur général reste la première étape non négociable.
- Vérifier que la section des conducteurs est bien de 1,5 mm² minimum sur l’ensemble du circuit d’éclairage, y compris la boucle de commande des poussoirs.
- Contrôler que le disjoncteur de protection du circuit est calibré à 16 A maximum.
- Confirmer la hauteur de pose du poussoir entre 90 cm et 130 cm, ou adapter si le logement est soumis aux règles d’accessibilité PMR.
- Consulter le schéma du fabricant du télérupteur pour identifier les bornes de commande et valider le raccordement des poussoirs en parallèle.
Si le matériel utilisé porte le marquage CE, il est réputé conforme aux exigences déterminantes applicables. Le marquage NF apporte une garantie complémentaire sur la conformité aux normes françaises, dont la NF C 15-100.
La norme ne valide pas un schéma de câblage particulier pour le poussoir : elle fixe les conditions du circuit (section, protection, hauteur) et laisse le raccordement du mécanisme au schéma constructeur. Sur chantier, c’est souvent là que les erreurs s’accumulent – moins par méconnaissance de la norme que par inattention à la notice du télérupteur installé.

